Spoiler : Non.
Mais alors, pourquoi le modèle relationnel majoritaire est le couple ?
Pourquoi depuis l'adolescence, désirons-nous rencontrer le grand amour, l'âme soeur, la flamme jumelle ?
Pourquoi s'attache-t-on autant à cette personne si spéciale que l'on a choisit d'aimer plus que les autres ?
Et pourquoi malgré ce désir d'unicité, on peut tomber amoureux de son voisin, de sa collègue, ou d'un.e inconnu.e que l'on croise au rayon bio du supermarché ?
Pourquoi 1 personne sur 2 va expérimenter une forme de non-exclusivité (assumée ou cachée) au cours de sa vie ?
Pourquoi le modèle exclusif du couple est-il aujourd'hui remis en question par de nouveaux modèles (polyamour, libertinage, couple libre, etc.) ?
Cela fait des années que je travaille sur cette question, et aujourd'hui j'ai envie de te partager des éclairages, sans parti pris, issus de mes recherches et de mes expérimentations.
NB : L'intention derrière cette réflexion est de mettre de la conscience sur nos choix relationnels, qu'ils soient orientés vers les relations plurielles ou uniques.
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Pourquoi est-il naturel d'avoir plusieurs partenaires ?
La science de l'évolution donne une raison très archaïque.
La femme génère l'ovule et l'homme le spermatozoïde.
A deux, ils ont la capacité de donner vie à la génération qui leur succèdera.
Au regard de tous les facteurs qui peuvent porter atteinte au bon développement de l'enfant (maladie, accident, ...) : plus il y aura de spermatozoïdes qui féconderont des ovules, plus il y aura de chance que la génération suivante survive et enfante à son tour.
De plus, le métissage des patrimoines génétiques offre aux enfants plus de richesse et de sécurité dans leur croissance et leur développement.
La diversification des caractéristiques fortes et faibles d'un individu permet d'être plus résistant aux facteurs extérieurs.
Ces deux raisons vont naturellement pousser les êtres humains à démultiplier les relations et les partenaires sexuelles.
Bien que nous soyons une société civilisée depuis plusieurs milliers d'années et que la sexualité à visée reproductive ne représente qu'une très faible partie de notre pratique, nous ne pouvons pas ignorer que l'engrammage de cette composante reproductive dans nos fondamentaux psychiques impacte nos comportements relationnels.
La sociologie donne une seconde raison importante : nous sommes des explorateurs.
Christophe Colomb, Albert Einstein, Laura Pynson, ...
Tous.tes ces personnalités sont mues par un même besoin : celui de découvrir, de comprendre, de faire quelque chose de nouveau.
Pourquoi Christophe Colomb s'est dit qu'il pouvait rejoindre les Indes en passant par l'Ouest alors qu'il avait déjà un chemin pour y aller par l'Est ?
Pourquoi Albert Einstein a-t-il cherché à remettre en cause la relativité galiléenne qui faisait loi depuis 300 ans et permettait (à l'époque) d'expliquer tous les phénomènes physiques observés ?
Pourquoi Laura Pynson a-t-elle cherché à développer un nouveau modèle de structuration de la psyché orienté vers la sexualité et les relations (les Erotypes®), alors qu'il existe déjà l'IFS et les archétypes de Jung ?
Car l'être humain est intrinsèquement explorateur de son univers.
Même si on est bien avec ce qu'on a déjà, on aime aller voir ce qu'il se passe ailleurs.
Ces caractéristiques s'observent chez l'être humain et chez beaucoup d'autres mammifères.
Elle tendent à démontrer que la nature relationnelle de l'être humain serait non-monogame.
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Mais alors pourquoi la norme aujourd'hui, c'est le
couple (marié si possible) ?
Parce que les besoins de reproduction de l'espèce et d'explorations ne sont clairement pas les seuls besoins humains.
Le couple monogame est logique/rationnel.
On doit être deux pour opérer la raison d'être biologique de l'espèce humaine (la reproduction), donc soyons deux pour vivre tout le reste de notre vie.
Le couple monogame apporte une sécurité logistique.
En mutualisant les efforts tant financiers que matériels dans des projets partagés et un objectif commun, on s'offre plus de ressources et de confort.
Le couple monogame apporte une sécurité affective.
En garantissant la présence et le soutien émotionnel de son.sa partenaire, on s'offre une source de bonheur, de douceur, et d'apaisement
Le couple monogame apporte une sécurité physique.
En réduisant le niveau de violence issue des processus de séduction, on s'offre un espace de tranquillité et d'épanouissement loin des systèmes concurrentiels
Le couple monogame apporte aussi de la richesse dans le développement de la descendance.
En fournissant dès la naissance deux figures d'attachement distinctes, cela permet à l'enfant de développer différentes facettes de sa personnalité, sa capacité d'adaptation, sa créativité et son esprit critique.
Le couple monogame apporte aussi un ancrage généalogique.
En permettant à chaque individu de retracer son chemin transgénérationnel, et de connaitre sa proximité familiale avec les autres, cela nourrit son besoin d'appartenance.
En bref, c'est chouette le couple monogame, non ?!
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Euh ... t'es sûr de tes arguments ?
Quoi ?! Tu n'es pas convaincu ?
Je comprend ! Moi non plus ...
Parce que sur le papier, tout ces besoins sont naturels et le couple monogame semble y répondre merveilleusement bien.
Cependant, dans les faits il y a de nombreux biais qui incitent beaucoup d'entre nous à remettre en cause le modèle.
Pas parce qu'il ne fonctionne pas, mais parce qu'il a dérivé.
Logique : ok !
Mais depuis quel point de vue ?
Considérer que ce qui est vrai pour la biologie, l'est pour tous les autres aspects de notre vie reviendrait à considérer qu'une vérité est absolue.
Si tu dois manger une soupe, tu vas prendre une cuillère. Mais ce n'est pas parce que la cuillère est le meilleur ustensile pour manger une soupe, qu'il va aussi être le meilleur pour couper un steak.
Sécurité logistique : ok !
Mais qu'a-t-on fait de ce gain là ?
Pour ne surtout pas perdre cette sécurité, on s'y est enfermé
Enfermé dans un projet familial inébranlable à coup de défiscalisation et de crédits.
Enfermé dans une existence sociale valorisée au détriment des personnes seules ou volages.
Enfermé dans une productivité professionnelle pour maintenir le niveau de vie.
Sécurité affective : ok !
Mais comment on l'assure ?
Nos parents nous ont fournit une dose d'affection continue pendant des années. Et même si ce n'est pas le cas, recevoir de l'affection génère un cocktail hormonal qui nous incite à chercher une assurance que cette affection va perdurer.
Donc on donne la responsabilité à son.sa partenaire de garantir cet apport, créant ainsi une co-dépendance, et générant des schémas d'isolement (évitement) ou de sacrifice (anxiété) en guise de stratégies quand cela devient trop lourd à porter.
(Et cela encouragé par de nombreux films et dessins animés ...)
Sécurité physique : ok !
Mais n'aurait-on pas fait entrer le loup dans la bergerie ?
Le couple monogame rends les partenaires indisponibles aux autres (sur le papier), mais il induit un sentiment d'appartenance, voire de possession.
Cette situation est à la source de nombreux abus conjugaux et/ou familiaux.
Richesse dans le développent : ok !
Mais le couple est-il le seul pilier du développement ?
Si on s'en tient au modèle nucléaire hétérosexuel (un papa / une maman) on limite la ressource à seulement deux personnes, certes complémentaires mais duelles. Elles peuvent être en confluence ou en conflit.
Si on ouvre le champ des possibles, on enrichit d'autant plus la diversité des points de repère pour l'enfant. La plasticité de leur cerveau leur permet d'en bénéficier.
Ancrage généalogique : ok !
Mais n'aurait-on pas confondu appartenance et ségrégation ?
L'appartenance à un groupe de référence et la compréhension de ses origines sont des besoins fondamentaux de l'être humain.
Mais si ces besoins prennent tellement de place dans la vie quotidienne qu'il en viennent à rejeter la diversité, cela crée un fonctionnement contre-nature, qui devient délétère sur le long terme.
La monogamie répond à chacun de ces besoins, mais elle a démontré de nombreuses déviance.
L'émergence de nouveau modes relationnels (polyamour, couple libre, libertinage, ...) permettent de questionner le mode normé et de proposer des alternatives intéressantes, mais elle pose beaucoup de question de sécurité, d'identité, de reconnaissance.
Comme je le partageais dans un précédent article sur la non-dualité, la réponse se trouve rarement dans les extrêmes.
L'enjeu est de trouver sa juste place dans le spectre relationnel.
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Ok, donc on est monogame ou pas ?
J'ai envie de te répondre : qu'est-ce que tu veux être ?
Aujourd'hui l'être humain de façon majoritaire n'est plus monogame au sens strict du terme :
Mono = Unique
Game = Mariage
Pour paraphraser Esther Perel - psychothérapeute spécialisé dans les relations humaines : la monogamie n'existe plus, nous vivons des monogamies en série
(citation exacte : "Monogamy used to mean one person for life. Now monogamy means one person at a time")
De plus, on constate que l'évolution de l'être humain montre que le mode relationnel évolue en fonction des époques.
Il y a donc bien un modèle qui fait norme actuellement parce que majoritaire : la monogamie.
Mais il y a plein d'autres modèles existant ou à créer pour répondre à la multitudes de besoins que nous avons en tant qu'être humains.
Les biais existent dans tous les modèles relationnels, aucun d'eux n'est parfait !
Mettre plus de conscience sur ce que tu veux et ce dont tu as besoin, te permet de choisir le modèle qui te convient le mieux, de ne pas le laisser dériver, ni en subir les conséquences.
Les choix qui en découlent te permettront d'aligner ta vision avec celle de ton.ta partenaire.
Donc, qu'est-ce que tu veux être ?
Ou plutôt : de quoi as-tu besoin pour te sentir bien en relation ?
C'est la question que je pose à chaque personne qui vient me consulter sur ce sujet là.
Si tu veux qu'on en discute, écris-moi !

Daniel Latapie | Sexologie & Coaching Relationnel | 110 rue Achille Viadieu, 31400 Toulouse | Consultations en Visio & Présentiel
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