À la source de mon cheminement dans le développement personnel, il y avait une utopie : devenir un être "parfait" !
Je percevais mes qualités au travers de mes succès, des feedbacks que je recevais, du regard que je portais sur moi et ma progression.
Et je voyais également mes faiblesses, mes axes d'amélioration, mes zones d'ombre, ...
Dès lors, j'ai entrepris une quête : celle de mettre en lumière toutes mes zones d'ombre !
Gros chantier ... mais j'avais la motivation !
Et chemin faisant, plus j'éclaircissais, et plus je découvrais de nouvelles zones à éclaircir.
Mon moral en prenait parfois un coup, mais je ne renonçais pas pour autant.
Tout en cheminant dans cette quête je jetais des petits coup d'oeil dans le rétroviseur, pour m'assurer que je suivais bien ma trajectoire et que mes choix passés me conduisaient bien là où je voulais aller.
Un jour je me suis rendu compte que des parts de moi que j'avais mis en lumière quelques mois/années plus tôt, étaient à présent devenues des zones d'ombre...
Et que pour les refaire passer dans la lumière, il me fallait reprendre des comportements du passés que j'avais catégorisés comme étant néfastes ...
Je me suis donc légitimement posé la question : Où est la "vraie" lumière ?
J'ai ainsi pris conscience d'une croyance très profonde en moi : je cherchais à sortir de la dualité ombre/lumière par un extrémisme, la lumière...

J'aimerai te parler d'abord de cette notion de dualité.
Le monde qui nous entoure en est composé : ombre/lumière, noir/blanc, oui/non, jour/nuit, masculin/féminin, droite/gauche, soleil/lune, bon/mauvais, vrai/faux, analogique/numérique, 0/1, local/global, matériel/immatériel, simple/complexe, stable/instable, individuel/collectif,...
Notre cerveau a une quantité astronomique d'information à traiter chaque jour, chaque minute, chaque seconde.
Il passe donc son temps à chercher des raccourcis pour définir, classifier des informations.
Ex : Si le soleil éclaire le jour, la lune éclaire la nuit. Ce n'est pas tout à fait exact, mais c'est plus simple à expliquer/raisonner.
De plus, l'être humain est un être social qui a donc un besoin d'appartenance important (3eme couche de la pyramide de Maslow) et facilite un processus de pensée unique autour de laquelle on se rattache.
Ex : Si tout mon entourage pense que la terre est plate, mon cerveau sera plus perméable aux arguments en faveur de cette théorie.
Ça fait déjà deux bonnes raisons (et il y en a certainement d'autres) de choisir un camp : ceci est vrai, donc ça c'est faux, je crois à cela, mais pas à cela, je pense ça, et donc pas cela, je juge ça juste, et ça non, ...
Sur cet état de fait, je pose une question : si on regardait cette dualité comme un spectre de possibilités, plutôt qu'un interrupteur ?

Ensuite, j'aimerai te parler de cette notion d'extrémisme.
La dualité ne pousse pas à l'extrémisme.
Elle invite simplement à choisir, à se positionner, choisir une préférence, une direction, suivre un désir.
Mais quand on la considère dans le moment présent, elle ne ferme pas la porte à un changement futur.
Ce qui pousse à l'extrémisme c'est l'identification à ce choix ; si je choisis un camp, je deviens ce camp, et je ne peux donc plus faire partie du camp "adverse".
Je ne peux plus en faire partie parce qu'étant identifié au camp que j'ai choisis, si j'envisage le camp "adverse" (qui est une opposition au camp que j'ai choisis) j'invalide non seulement mon choix, mais également qui je suis.
En d'autres mots, s'identifier à une des deux options revient à ne plus tolérer l'existence de l'autre.
C'est en cela que l'extrémisme devient une problématique, qu'il soit de l'ombre ou lumineux.
Dans mon cas, cette recherche de "perfection lumineuse" m'a amené dans l'ombre.
Je me suis donc posé une nouvelle question : si en recherchant la lumière on atteint l'ombre, est-ce qu'en explorant l'ombre on pourrait trouver de la lumière ?

Aujourd'hui, ma quête a évolué.
D'une recherche de perfection, je suis passé à une recherche de justesse.
Je vise ce que plusieurs spiritualités appellent la "voie du milieu"
Et pour trouver cette voie, j'explore le spectre de la dualité : je visite mes ombres, je me sers de mes lumières, je ne pose plus de jugements dessus, je regarde en elles à la fois les bénéfices et les limites qu'elles me posent.
Je les observe jouer leur rôle, et je les sollicite au grès de mes besoins/envies.
Je les sais fluctuantes, et je les accepte ainsi car elle ne définissent pas la personne que je suis.
Je trouve dans cette nébuleuse instable et incertaine une forme de paix avec moi-même.

Daniel Latapie | Sexologie & Coaching Relationnel | 110 rue Achille Viadieu, 31400 Toulouse | Consultations en Visio & Présentiel
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